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Octobre, 1997 |
Risques posés pour la santé par une grossesse précoce
Pour les femmes de moins de 20 ans, les complications de la grossesse qui mettent la mère en danger sont les mêmes que celles auxquelles toutes les autres femmes ont à faire face : hémor-rhagie, septicémie, hypertension due à la grossesse, y compris pré-éclampsie et éclampsie, obstruction du travail provoquée par une disproportion céphalopelvique, complications d'un avortement pratiqué dans de mauvaises conditions et anémie fériprive. Les jeunes femmes courent, plus que leurs aînées, des risques d'hypertension, de disproportion céphalopelvique, d'anémie fériprive et d'avortement dangereux (7, 275, 281, 293, 330, 432, 451). Ces risques sont plus élevés pour les jeunes femmes, non seulement en raison de leur âge, mais aussi parce qu'elles en sont souvent à leur premier accouchement, qui est plus dangereux que les deuxième, troisième ou quatrième. Des facteurs socio-économiques, dont la pauvreté, la malnutrition, le manque d'éducation et le manque d'accès aux soins prénataux et aux soins d'obstétrique d'urgence peuvent faire augmenter encore plus les risques de complications liées à la grossesse que court une jeune femme (19, 212, 428). Parmi les jeunes femmes, tout comme parmi les femmes plus âgées, les risques sont plus grands pour les femmes pauvres qui sont les moins bien nourries et ont le moins d'occasion de recevoir des soins prénataux. Si elle n'est pas soignée, l'hypertension provoquée par la grossesse peut causer une crise cardiaque ou une attaque et entraîner la mort de la mère et de l'enfant. L'hypertension se produit le plus souvent chez les femmes qui ont leur premier enfant et cause une forte proportion de morts maternelles parmi les femmes de moins de 20 ans (293, 451). La disproportion céphalopelvique — quand le détroit est trop petit pour laisser passer la tête du bébé à l'accouchement — peut ralentir ou empêcher l'accouchement vaginal. Dans certains cas, s'il n'est pas possible de pratiquer une césarienne, l'utérus de la femme se rompt et la mère et l'enfant meurent. La disproportion céphalopelvique est fréquente chez les très jeunes femmes dont le bassin n'est pas encore entièrement formé et chez les femmes de tous âges et de petite taille dont la croissance a été compromise par la malnutrition durant l'enfance (281, 330). Le travail prolongé qui est associé à la disproportion céphalopelvique fait augmenter le risque de fistule — déchirure entre le vagin et l'appareil urinaire ou le rectum qui laisse l'urine ou les fèces s'échapper par le vagin. Dans beaucoup de pays africains, des fistules s'observent le plus souvent chez les femmes de moins de 20 ans ; ce sont des obstructions du travail qui causent la plupart de ces lésions (394, 490, 538). La chirurgie peut réparer une fistule. Cependant, quand les femmes ne peuvent pas se faire bien soigner, les fistules conduisent souvent à une incapacité qui dure toute la vie et à l'ostracisme. Dans beaucoup de régions, l'anémie fériprive intervient dans presque toutes les morts maternelles. Une femme anémique risque cinq fois plus qu'une femme bien portante de mourir de causes liées à la grossesse (510). Les femmes anémiques sont moins en mesure de résister à une infection et de survivre à une hémorrhagie ou à d'autres complications du travail et de l'accouchement. L'anémie contribue aussi à l'accouchement prématuré et au faible poids à la naissance (47). L'anémie fériprive est particulièrement fréquente chez les femmes enceintes ; parmi ces dernières, les jeunes femmes risquent plus que les autres d'être anémiques, même dans les pays développés. Par exemple, une analyse de huit études cliniques effectuées aux Etats-Unis a constaté que les femmes enceintes de moins de 20 ans risquaient deux fois plus d'être anémiques que les femmes plus âgées (432). Dans ce pays, une étude d'adolescentes enceintes qui se faisaient soigner dans un dispensaire prénatal a constaté que 70 % d'entres elles n'avaient pas assez de fer (47). Les règles, un régime alimentaire déficient en fer absorbable et le paludisme causent la plupart des anémies des femmes enceintes. Pour éviter l'anémie durant l'adolescence, les jeunes ont besoin de deux fois plus de fer que les adultes de même poids (66, 537). Manque de soins prénataux. De bons soins prénataux peuvent réduire la mortalité et les complications liées à la grossesse, notamment parmi les très jeunes femmes (19, 161, 314, 353, 432). Cependant, dans les pays en développement, beaucoup de femmes ne reçoivent pas de soins prénataux (417) par ailleurs, les jeunes femmes sont celles qui sont le moins susceptibles d'obtenir des soins, même dans les pays développés (248, 460). Quand elles en reçoivent, c'est souvent à un stade avancé de la grossesse (293). Même quand ils existent, les services de soins prénataux peuvent ne pas être utilisés parce que l'enfantement est jugé être une chose normale pour les jeunes femmes et n'est donc pas considéré comme devant faire l'objet de soins médicaux. Risques plus élevés pour les bébés. La grossesse avant 20 ans pose aussi des risques pour l'enfant de la jeune femme. Les données des enquêtes démographiques et de santé et d'autres études montrent que les taux de mortalité et de morbidité sont plus élevés parmi les bébés nés de jeunes mères (468). Ces dernières, notamment si elles ont moins de 15 ans, ont des taux plus élevés de travail prématuré, d'avortement spontané, de mortinatalité et d'enfants à faible poids à la naissance (161, 314, 329, 353, 394, 428, 432, 434, 464, 493, 538). Quand l'enfant survit, il continue à courir un risque de mort plus élevé durant la petite enfance (32, 56, 113, 314, 329, 432, 464, 468, 490, 493). | |||||||||||||||||||||||||