CONTENTS

        Chapitres
  1. Plus nombreux, besoins divers
  2. Croissance, changement et risque
  3. Programmes pour jeunes adultes
  4. Résultats des évaluations
  5. Obtenir le soutien de la ommunauté et des jeunes dultes

HIGHLIGHTS

Ce numéro comporte également :

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.

Volume XXIII, Numéro 3
Octobre, 1997

Répondre aux besoins
des jeunes adultes

Au fur et à mesure qu’ils s’approchent de l’âge adulte et deviennent sexuellement actifs, les jeunes sont de plus en plus nombreux à courir de graves risques de santé. Face à ces risques, la plupart d’entre eux ont trop peu d’informations concrètes, n’ont pas été suffisamment conseillés au sujet de leurs responsabilités sexuelles, et n’ont que trop peu accès aux soins de santé. Répondre aux besoins divers des jeunes adultes constitue un défi pour les parents, les communautés, les dispensateurs de soins de santé et les éducateurs. Malgré l’urgence des besoins, les programmes n’ont pas fait grand chose et leur action a été ralentie par des controverses.

Le cinquième de la population mondiale est âgé de 10 à 19 ans. Aujourd’hui, les jeunes se marient plus tard et sont plus nombreux à commencer à avoir des rapports sexuels avant le mariage. Ils courent donc plus de risques de grossesse non souhaitée et de maladies sexuellement transmises (MST). Dans les pays en développement, de 20 à 60 % des grossesses et des naissances ne sont pas souhaitées et la plupart se produisent plus tôt que prévu. La grossesse fait courir des risques aux jeunes femmes durant l’enfantement ou à la suite d’un avortement dangereux. De plus en plus, une procréation précoce signifie également l’arrêt de l’éducation et entraîne une perte de revenus qui persiste durant toute l’existence. La moitié des séropositifs, porteurs du VIH qui cause le SIDA, ont moins de 25 ans.

L’aide dont les jeunes adultes ont besoin pour éviter ces risques varie. Certains jeunes ne sont pas encore sexuellement actifs. Ils ont besoin qu’on les soutienne et qu’on les aide à attendre pour commencer leur vie sexuelle. Certains ont subi des sévices sexuels. Ils ont besoin de protection et de soins. D’autres deviennent sexuellement actifs avant le mariage et d’autres encore changent plusieurs fois de partenaire sexuel avant de se marier. Ils ont besoin d’aide pour s’abstenir d’avoir des relations ou pour employer des condoms afin d’éviter la grossesse et les MST. Beaucoup d'autres sont mariés et ont besoin, dans une large mesure, des mêmes services de santé et de planning familial que les autres couples mariés.

Atteindre les jeunes

Les programmes d’éducation sexuelle et de santé génésique à l’intention des jeunes adultes se heurtent souvent à une opposition ; or, les recherches montrent qu’ils ne conduisent pas à des rapports sexuels plus fréquents ou plus précoces, comme le craignent leurs adversaires. Pour gagner le soutien du public, les programmes doivent collaborer avec les parents et respecter les normes communautaires. En même temps, ils doivent préconiser de nouvelles normes sociales qui protègent la santé des jeunes adultes. Selon les normes actuelles, les garçons ont raison, mais les filles ont tort d’avoir une vie sexuelle ; les médias vantent la sexualité irresponsable mais rejettent l’intérêt naturel qui porte les jeunes vers la sexualité. Tant que ces valeurs ne changent pas, les programmes à l’intention des jeunes adultes auront des difficultés pour encourager un comportement responsable et fournir des soins satisfaisants.

L’éducation pour la vie familiale (EVF) est la seule formule à être largement employée pour atteindre les jeunes adultes. Ces programmes de courte durée, qui sont surtout réalisés dans les établissements scolaires, peuvent encourager l’abstinence, enseigner la santé et la physiologie génésiques, apprendre à résoudre les problèmes, à prendre des décisions et à organiser son existence et, dans quelques cas, à parler de contraception. Beaucoup d’entre eux parlent aussi désormais du VIH/SIDA alors que d’autres programmes, dans les écoles et dans des services extérieurs, s’attachent exclusivement à la prévention du VIH. Leur impact a été modeste. Les programmes d’éducation pour la vie familiale peuvent accroître les connaissances et améliorer les attitudes. Les meilleurs d’entre eux ont également retardé l’initiation sexuelle, réduit la fréquence des rapports sexuels ou fait légèrement augmenter l’emploi de la contraception. Quelques campagnes dans les médias, qui veulent faire contrepoids à ce qu’on représente ordinairement comme une sexualité sans risque, ont eu recours à la formule du spectacle pour encourager un comportement responsable.

Pour obtenir des services de planning familial, se faire soigner pour des MST et recevoir des soins prénataux, la plupart des jeunes adultes doivent se rendre au même dispensaire où vont leurs aînés. Seuls, quelques hôpitaux et organisations non gouvernementales ont ouvert des dispensaires spéciaux ou ont réservé certaines heures aux jeunes. On a essayé un grand nombre de programmes d’animation différents, qui employaient souvent de jeunes adultes pour parler à leurs camarades et leur distribuer parfois des condoms. Dans un petit nombre d’écoles des Etats-Unis, les dispensaires offrent quelques services de santé génésique, aux côtés d’autres soins ; certaines écoles fournissent des condoms.

Leçons apprises

Les jeunes adultes ont besoin de programmes qui puissent les toucher, répondre à leurs besoins, gagner leur confiance, être disponibles là où ils se trouvent et parler leur langue. L’expérience n’est pas considérable, mais les programmes ont donné les meilleurs résultats quand :

  • Ils sont soutenus par les parents et les animateurs locaux avec lesquels ils travaillent ;
  • Ils éliminent les obstacles que posent les politiques et modifient les préjugés des dispensateurs ;
  • Ils font participer les jeunes adultes à leur conception et à leur exécution ;
  • Ils disent exactement aux jeunes adultes ce qu’ils doivent faire ;
  • Ils les aident à s’entraîner à gérer leurs rapports interpersonnels afin d’éviter les risques ;
  • Ils relient les informations et les conseils aux services ;
  • Ils offrent des modèles qui rendent attrayant un comportement moins dangereux ; et
  • Ils font suffisamment d’investissements — et pendant suffisamment longtemps — pour faire la différence.

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