TABLE DE MATIERES

       Chapitres
Recommandations du groupe sur les orientations/compétences techniques :
  1. Contraceptifs oraux combinés
  2. Pilules progestatives
  3. Contraceptifs injectables progestatifs
  4. Contraceptifs injectables combinés
  5. Implants Norplant
  6. Dispositifs intra-utérins au cuivre
  7. Stérilization féminine
  8. Vasectomie
  9. Méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée
  10. Planification familiale naturelle
  11. Méthodes de barrière
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA

Volume XXIV, Numéro 2
Octobre 1996
Vasectomie

Q. 1. Existe-t-il des restrictions médicales liées à l'âge du client, au nombre d'enfants vivants ou période
d'attente nécessaire qui empêcheraient un
homme d'avoir une vasectomie ?

Age ou nombre d'enfants vivants ?
Recommandation : Non. Du point de vue de la sécurité de l'opération, il n'existe pas de restrictions médicales concernant l'âge ou le nombre d'enfants vivants d'un homme qui souhaite une stérilisation. Mais il faut envisager les deux éléments lors du processus d'orientation pour minimiser les risques de regret.

Le souhait du client est de toute première importance mais il faut qu'il comprenne qu'un âge jeune est un facteur de risque de regret.

Période d'attente ?
Recommandation : Non. Si un homme a reçu une orientation et a choisi la vasectomie, il n'est pas nécessaire d'avoir une période d'attente. Mais il est souvent bon que l'homme prenne le temps de réfléchir à sa décision.

Mais l'incidence du regret, même à un âge jeune au moment de la vasectomie, reste faible. L'orientation est importante pour minimiser les risques de regret.

Raison fondamentale : L'âge et le nombre d'enfants vivants ne sont pas des raisons médicales limitant l'accès à la vasectomie, en fonction des Critères de recevabilité médicale de l'OMS (302). Toutefois, l'âge et le nombre d'enfants vivants sont des aspects importants dont on doit tenir compte pendant l'orientation. Clarke et Gregson ont constaté que les hommes qui demandaient des opérations de reperméabilisation étaient plus jeunes que les témoins au moment de la stérilisation (41).

Voici d'autres facteurs liés au regret de vasectomie : remariage ou changement de partenaire, décès d'un ou plusieurs enfants après l'opération, amélioration de la situation financière et, plus rarement, problèmes psychologiques liés à l'infertilité ou à d'autres problèmes physiques. Toutefois, la recherche a montré que la vasectomie ne constitue pas une cause physique d'effets adverses sur la santé (voir Question 5) (178).

Q. 2. Qui peut réaliser les vasectomies ?

Recommandation : Les vasectomies peuvent être effectuées par tout professionnel de la santé qui a reçu une formation sur l'exécution de la vasectomie. Des médecins, responsables médicaux, infirmiers, infirmières sages-femmes ayant reçu une formation appropriée ainsi que d'autres membres du personnel médical ayant une expérience chirurgicale peuvent exécuter les vasectomies.

Raison fondamentale : Diverse catégories de médecins dont les généralistes, les chirurgiens, d'autres spécialistes (p. ex., les gynécologues obstétriciens) et le personnel paramédical peuvent recevoir une formation sur l'exécution de la vasectomie (14).

Q. 3. Des méthodes contraceptives d'appoint sont-elles nécessaires après une vasectomie ?

Recommandation : Oui. Un homme peut avoir des relations sexuelles deux ou trois jours après l'opération s'il se sent à l'aise mais la vasectomie n'est pas immédiatement efficace. L'on recommande d'utiliser des méthodes d'appoint pendant les 12 semaines suivant la vasectomie ou au moins pendant 20 éjaculations après l'opération. Lorsque faisable, un spermogramme devrait être effectué à ce moment pour vérifier que le sperme ne contient plus de spermatozoïdes.

Il est important de reconnaître qu'un homme qui a subi une vasectomie risque toujours de contracter ou de transmettre des MST et, par conséquent, il devra peut-être utiliser une méthode d'appoint (à savoir des condoms) pour se protéger lui-même ainsi que sa (ses) partenaire(s).

Raison fondamentale : Il faut parfois plusieurs mois pour que le canal déférent expulse tous les spermatozoïdes qu'il renferme au moment de la vasectomie. Ce temps varie d'un homme à un autre. Par conséquent, une méthode d'appoint pour la prévention de la grossesse (p. ex., condoms, DMPA pour la partenaire) devra être utilisée pendant au moins 12 semaines ou 20 éjaculations (30).

Q. 4. Quel est le calendrier de suivi
approprié après une vasectomie ?

Recommandation : L'on recommande une visite de suivi dans les sept à 14 jours suivant une vasectomie pour contrôler les sites d'incision, retirer les points de sutures et voir s'il n'existe pas de signes de complications. Si possible, une analyse du sperme peut être effectuée après 20 éjaculations ou 12 semaines pour vérifier l'azoospermie.

On encourage le client à revenir rapidement s'il connaît des problèmes (p. ex., des saignements, des enflures, de la fièvre, des douleurs) ou à tout autre moment s'il a des questions ou préoccupations.

Raison fondamentale : L'examen de suivi devrait se faire entre le septième et le quatorzième jour après l'intervention chirurgicale. Les clients devraient recevoir une orientation sur les signes d'alarme et les raisons de retour pour une visite de suivi.

Q. 5. La vasectomie entraîne-t-elle à long terme
des effets adverses sur la santé ?

Recommandation : Non, selon le poids de faits dont on dispose. En effet, les études ne sont pas concluantes quant au risque accru possible de cancer de la prostate. Plusieurs études n'ont constaté aucune association mais deux études, par contre, ont montré un léger accroissement du risque.

D'après une étude importante, il n'existe aucune association entre la vasectomie et d'autres problèmes de santé, dont les maladies cardio-vasculaires.

Raison fondamentale : Sur base de faits biologiques et épidémiologiques, il est peu probable que la vasectomie constitue une cause du cancer de la prostate ou de tout autre effet à long terme sur la santé, tel que les maladies cardio-vasculaires.

Une étude récente ainsi que deux études faites antérieurement se sont également penchées sur l'association entre la vasectomie et le cancer de la prostate. Zhu et coll. ont utilisé un plan de cas-témoins dans une population où la vasectomie était courante (323). Aucune association n'a été constatée. Massey et coll. et Sidney et coll. ont utilisé un plan d'étude de cohorte. Le premier groupe a utilisé une cohorte rétrospective de 10590 hommes ayant eu une vasectomie (184) et le dernier a utilisé une cohorte prospective avec une période moyenne de suivi de 6,8 ans de 5119 homme ayant subi une vasectomie (249). Aucune étude n'a constaté une association entre le cancer de la prostate et la vasectomie. Giovannucci et coll. ont trouvé des rapports de risque de 1,56 et 1,66, respectivement, dans le cadre de deux études de cohorte séparées. Mais l'explication biologique de l'association n'a pas été acceptée par les experts comme étant une association probable (96, 97, 115, 184, 249, 322).

Recommandation : La vasectomie n'affecte pas la fonction sexuelle normale. Après une vasectomie, le corps de l'homme continue à produire des hormones masculines qui l'aident à avoir des érections, des sensations/désir sexuel et des éjaculations. Un homme peut également avoir une libido plus forte car il n'est plus preoccupé pour le risque que sa partenaire tombe enceinte.

Raison fondamentale : La vasectomie ne comporte que l'occlusion de deux petits canaux et non pas l'ablation d'une glande ou d'un organe. Ainsi, n'interfère-t-elle pas avec les fonctions de production de la testostérone dans les testicules et de la spermatogénèse (60).

Q. 6. La vasectomie devrait-elle étre
considérée comme permanente ?

Recommandation : Oui. Bien qu'il existe des procédures de reperméabilisation d'une vasectomie, l'opération est très complexe et coûteuse et le taux de réussite dépend de plusieurs facteurs, dont le type de procédure de reperméabilisation, l'expérience du médecin en la matière, le temps écoulé depuis que la vasectomie a été effectuée, la qualité et la quantité de sperme du client, les effets anatomiques de la vasectomie originale, la présence d'anticorps spermatiques et la fécondité de la partenaire du client.

Certaines études ont montré l'existence de spermatozoïdes dans le sperme éjaculé chez plus de 67 % des hommes qui avaient eu une opération de reperméabilisation mais le pourcentage de réussite, mesuré par le taux de grossesse chez les partenaires, varie entre 16 % et 85 %, avec plus de la moitié des études indiquant que moins de 50 % des femmes avaient connu une grossesse intra-utérine.

Raison fondamentale : L'opération de reperméabilisation de la vasectomie est extrêmement complexe et ne devrait être effectuée que par des médecins hautement qualifiés et ayant une vaste expérience. Les techniques microchirurgicales demandent environ 40 heures de formation intensive, en plus de la pratique fréquente avant qu'un chirurgien ne soit compétent. L'opération de reperméabilisation peut être exécutée en utilisant des techniques micro ou macrochirurgicales dont chacune comporte ses propres avantages et inconvénients.

Belker et coll. (20) et Fox (88) ont constaté que le taux de fécondité après l'opération de reperméabilisation diminue au fur et à mesure qu'augmente le temps entre la reperméabilisation et la vasectomie originale. Le taux de fécondité peut être également affecté par la cicatrisation post-opératoire, l'absence de spermatozoïdes dans le sperme éjaculé et, peut-être, par la présence d'anticorps antispermatiques (178, 183, 232).


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