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TABLE DES MATIERES
         Chapters
  1. Le monde prend acte
  2. Sévices causés par un partenaire intime
  3. Contrainte sexuelle
  4. Répercussions sur la santé reproductive

  5. Menaces sur la santé et le développement

  6. Les dispensateurs de soins de santé jouent un rôle fondamental
  7. Un programme de changements

Faits saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA.

Publié en collaboration avec le :

CHANGE

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Le Center for Health and Gender Equity (CHANGE) est une organisation de recherche et de plaidoyer qui se donne pour mission d'intégrer la recherche de l'égalité entre les sexes et de la justice sociale aux politiques et pratiques internationales en matière de santé. On peut contacter les services de CHANGE par courrier électronique à change@genderhealth.org or at http://www.genderhealth.org .

Volume XXVII, Numéro 4

Décembre, 1999

Série L, Numéro 11

Problèmes mondiaux de santé

Conséquences physiques des sévices

Il n’est pas surprenant que la violence soit pour les femmes une grande cause de blessures, qui vont depuis des balafres et des contusions relativement mineures jusqu’à l’incapacité permanente et la mort. Des études basées sur la population montrent que 40 % à 75 % des femmes qui subissent des mauvais traitements physiques des mains d’un partenaire reçoivent des blessures à un certain moment de leur existence (131, 325, 330, 378, 383, 436). Les conséquences de ces blessures peuvent être graves : au Canada, 43 % des femmes blessées par leurs partenaires ont dû recevoir des soins médicaux, et 50 % d’entre elles ont dû cesser temporairement leur travail (378).

Dans les cas les plus extrêmes la violence contre les femmes aboutit à la mort. Partout dans le monde les partenaires intimes sont la cause de 40 % à plus de 70 % des homicides des femmes. Fréquemment la situation à ces foyers-là est caractérisés par des sévices (15, 177). Au contraire, les partenaires féminines ne sont à l’origine que d’un petit pourcentage des homicides des hommes. Souvent ces femmes se défendent contre leur partenaire ou lui rendent la pareille pour les sévices qu’ils exercaient sur elles-mêmes (418).

Néanmoins, les blessures ne sont pas le résultat le plus fréquent, sur le plan de la santé physique, des sévices infligés par l’autre sexe. Les sévices peuvent conduire à toutes sortes de troubles physiques, y compris le syndrôme d’irritabilité intestinale, des troubles gastrointestinaux et divers syndrômes de douleur chronique. Les études relient toujours de telles situations à des antécédents de sévices physiques ou sexuels (108, 273, 457, 458). Les femmes maltraitées présentent aussi une réduction du fonctionnement corporel, un accroissement des symptômes physiques et restent plus longtemps alitées que les autres femmes (181, 273, 292, 383, 429, 458).


National Coalition Against Domestic Violence
Cet affiche américaine, qui dit, « Il l’a battue 150 fois. Elle n’a reçu des fleurs qu’une seule fois », met en relief que la violence est une grande cause de blessures pour les femmes. Plus de la moitié des femmes maltraitées par un partenaire souffrent de blessures, parfois mortelles, à une certain moment de leur existence.

La violence détruit peu à peu
la santé mentale des femmes

Beaucoup de femmes estiment que les conséquences psychologiques des sévices sont encore plus graves que leurs manifestations physiques. L’expérience de sévices détruit souvent petit à petit l’estime que l’on peut avoir de soi et fait courir aux femmes plus de risques de toute une série de problèmes de santé mentale, y compris la dépression, le stress post-traumatique, le suicide et l’abus de l’alcool et des drogues.

Dépression. On se rend de plus en plus compte, dans le monde entier, que la dépression constitue un grand problème de santé (446). La situation est particulièrement grave parmi les femmes adultes (477) qui, dans la plupart des pays, sont atteintes de dépression près de deux fois plus souvent que les hommes (97, 327, 467). Selon certains chercheurs, la plus grande partie de la différence entre l’incidence de dépression chez les femmes et les hommes pourrait être due non pas à la biologie, mais plutôt à la pauvreté, à une discrimination fondée sur le sexe, et à la violence entre les sexes (13).

Selon des études effectuées en Australie, au Nicaragua, au Pakistan et aux Etats-Unis (74, 100, 126, 152, 376), les femmes maltraitées par leurs partenaires ont plus de dépression, d’angoisse et de phobies que les autres. Parmi les nicaraguayennes âgées de 15 à 19 ans, par exemple, les femmes battues risquaient six fois plus que les autres d'avoir des troubles émotionnels mesurés en fonction de l'échelle internationale de santé mentale. Dans cette étude, les sévices physiques étaient le facteur de beaucoup le plus important qui étaient à l'origine de troubles émotionnels, expliquant environ 70 % des problèmes de santé mentale des femmes (126).

Les agressions sexuelles, soit durant l’enfance soit à l’âge adulte, sont elles aussi étroitement associées à la dépression et aux crises d’angoisse (42, 53, 81, 276, 469). Les sévices sexuels commis avant l’âge de sept et huit ans, les sévices commis par plus d’un perpétrateur, les sévices qui comportent une pénétration génitale ou anale, et les sévices qui sont fréquents ou se poursuivent sur une longue période de temps sont ceux qui risquent le plus de conduire à des troubles psychologiques (42, 81, 320).

Perturbations post-traumatiques. Un grand nombre de femmes maltraitées ont des perturbations post-traumatiques, manifestations prononcées d’angoisse qui peuvent apparaître quand le sujet vit ou voit un évènement traumatique qui le tient entièrement à sa merci ou semble le menacer de mort ou de blessure (8). Les symptômes de perturbations post-traumatiques sont la reconstitution mentale de l’évènement traumatique par des flashbacks ou des « submersions » ; les tentatives faites pour éviter quoi que ce soit qui rappelle le traumatisme ; un engourdissement émotif ; des difficultés de sommeil et de concentration et la facilité avec laquelle le sujet se sent alarmé ou surpris.

Le viol, les sévices sexuels durant l’enfance, et la violence domestique figurent parmi les causes les plus fréquentes de perturbation post-traumatique chez les femmes (36, 42, 44, 101, 380, 400, 433, 452). Selon des études effectuées en France, en Nouvelle Zélande et aux Etats-Unis, une femme victime d’un viol court entre 50 % et 95 % de risques de perturbation post-traumatique (36, 41, 101). Une étude américaine a constaté que les effets psychologiques d'un viol sont comparables aux effets de la torture ou d’un enlèvement (41).

Suicide. Pour certaines femmes, les sévices constituent un tel fardeau qu’elles mettent fin à leurs jours, ou essaient de le faire. Des études effectuées dans un certain nombre de pays, dont le Nicaragua, la Suède et les Etats-Unis, ont montré que la violence domestique est étroitement associée à la dépression, puis au suicide (1, 6, 29, 72, 246, 386). Les femmes battues qui souffrent de perturbations post-traumatiques semblent être les plus grandes candidates au suicide (433).

Les femmes qui ont subi de sévices sexuels durant leur enfance ou à l’âge adulte sont elles aussi plus susceptibles que les autres de faire des tentatives de suicide (148, 280, 292, 317, 381, 470). Le lien est encore plus fort si on tient compte de facteurs de risque individuels tels que le sexe, l’âge et l’éducation des femmes, ou la présence de symptômes de perturbations post-traumatiques et de troubles psychiatriques (104, 421).

Usage de l’alcool et de drogues. Les victimes de violence de la part de leur partenaire et les femmes qui ont subi des sévices sexuels durant leur enfance sont plus susceptibles que les autres d’abuser de l’alcool et des drogues, même si on tient compte d’autres facteurs de risque tels qu’un usage antérieur, le milieu familial ou l’alcoolisme des parents (133, 250, 265, 291, 304, 306). Une étude de femmes qui demandaient des soins de santé primaires a constaté que les femmes qui avaient subi des sévices de leur partenaire durant les douze derniers mois étaient trois fois plus susceptibles que celles qui n’avaient pas subi récemment de sévices de consommer d’importantes quantités d’alcool et quatre fois plus susceptibles d’employer des drogues (291).

Est-ce que les femmes maltraitées essaient d’atténuer leurs réactions au traumatisme en émoussant leurs sens par l’alcool et les drogues ? Ou bien est-ce que les femmes qui emploient l’alcool et les drogues sont plus susceptibles d’avoir une existence qui leur fait courir plus de risques d’être maltraitées par les hommes ? Aux Etats-Unis, une étude longitudinale qui a duré deux ans a cherché à trouver une réponse à cette question (250).

Cette étude a constaté que les femmes qui emploient des drogues illicites, mais pas celles qui boivent, courent un risque accru d’être maltraitées durant les deux années après le suivi. Comme on s’y attendait, tout antécédent récent de sévices était associé à des taux plus élevés d’emploi de l’alcool et des drogues, même si on tenait compte d’un emploi antérieur et d’autres facteurs. Ces conclusions suggèrent qu’une consommation accrue d’alcool est plus une façon de réagir après coup à la victimisation, alors que l’usage des drogues fait augmenter le risque de victimisation au moment même où cette dernière fait accroître la probabilité de recours aux drogues (250).


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