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TABLE DES MATIERES
         Chapters
  1. Le monde prend acte
  2. Sévices causés par un partenaire intime

  3. Contrainte sexuelle
  4. Répercussions sur la santé reproductive
  5. Menaces sur la santé et le développement
  6. Les dispensateurs de soins de santé jouent un rôle fondamental
  7. Un programme de changements

Faits saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA.

Publié en collaboration avec le :

CHANGE

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Le Center for Health and Gender Equity (CHANGE) est une organisation de recherche et de plaidoyer qui se donne pour mission d'intégrer la recherche de l'égalité entre les sexes et de la justice sociale aux politiques et pratiques internationales en matière de santé. On peut contacter les services de CHANGE par courrier électronique à change@genderhealth.org or at http://www.genderhealth.org .

Volume XXVII, Numéro 4

Décembre, 1999

Série L, Numéro 11

Problèmes mondiaux de santé

Sévices commis par un partenaire intime

Dans le monde entier, les sévices commis par les maris ou par d’autres partenaires intimes sont l’une des formes les plus fréquentes de violence contre les femmes. La violence exercée par les partenaires existe dans tous les pays et transcende les groupes sociaux, économiques, religieux et culturels. Bien que les femmes puissent elles aussi être violentes et bien que les sévices existent dans le cadre de certains rapports entre personnes du même sexe, la vaste majorité des incidents sont le fait d’hommes qui attaquent leur partenaire féminin.

Bien que les recherches portant sur les sévices commis par un partenaire intime ne fassent que commencer, on est de plus en plus d’accord au sujet de leur nature et des divers facteurs qui en sont la cause. Souvent appelés « attaques contre la femme », « coups et blessures » ou « violence domestique », les sévices causés par un partenaire intime font généralement partie d’un schéma de comportement et de contrôle abusif, au lieu d’être un acte isolé d’agression physique. Les sévices commis par un partenaire peuvent prendre toutes sortes de formes, y compris une attaque physique par coup de poing, gifle, coup de pied et raclée, des sévices psychologiques, tels que critiques constantes, intimidation et humiliation, et des rapports sexuels coercitifs. Il s’agit souvent de comportements visant à exercer un contrôle, par exemple en isolant la femme de sa famille et de ses amis, en surveillant ses mouvements et en limitant son accès aux ressources.

Ampleur du problème

Dans près de 50 enquêtes démographiques effectuées dans le monde entier, de 10 % à plus de 50 % des femmes déclarent que, à un certain moment de leur existence, elles ont été frappées ou ont subi des sévices physiques des mains d’un partenaire intime (voir Tableau 1). Les données du tableau 1 ne concernent que les femmes qui ont subi une agression physique. Les recherches portant sur la violence entre partenaires sont si récentes qu’on possède peu de données comparables sur les sévices psychologiques et sexuels.

La violence physique dans le cadre de relations intimes a presque toujours été accompagnée de mauvais traitements psychologiques et, dans un tiers à plus de la moitié des cas, de sévices sexuels (59, 75, 131, 258, 272). Par exemple, parmi 613 femmes maltraitées au Japon, 57 % avaient subi les trois catégories de mauvais traitement — physique, psychologique et sexuel. Seulement 8 % avaient uniquement subi de mauvais traitements physiques (485). A Monterrey, au Mexique, 52 % des femmes qui avaient subi de mauvais traitements physiques avaient aussi des partenaires qui leur imposaient des sévices sexuels (191). A León, au Nicaragua, parmi 188 femmes qui étaient physiquement maltraitées par leur partenaire, seulement 5 d’entre elles n’avaient pas été aussi maltraitées sexuellement, psychologiquement, ou les deux (131).

La plupart des femmes qui subissent une agression physique sont en général victimes d’actes multiples répartis dans le temps. Dans l’étude de la ville de León, par exemple, 60 % des femmes maltraitées l’année précédente l’avaient été plus d’une fois, et 20 % d’entre elles avaient été plus de six fois l’objet d’actes de violence graves. Parmi les femmes qui signalaient une agression physique quelconque, 70 % qualifiaient les sévices de graves (130). Les attaques physiques subies durant l’année précédente par des femmes actuellement maltraitées étaient en moyenne au nombre de sept à Londres (308) et de trois en 1997, aux Etats-Unis (436).

Les enquêtes portant sur la violence entre partenaires demandent en général aux femmes si elles ont subi l’un quelconque des traitements figurant sur une liste, par exemple gifles, bousculade, coup de poing, raclée ou menace avec une arme. Si l’on pose des questions qui ont à voir avec le comportement — par exemple « Est-ce que votre partenaire vous a jamais contrainte à avoir des rapports sexuels contre votre gré ? » — on obtient des réponses plus exactes que si on demande aux femmes si elles ont été « maltraitées » ou « violées » (127). En général, les enquêtes qualifient de « violence grave » les actes physiques plus prononcés que les gifles, la bousculade, les poussées ou le jet d’objets.

La mesure des « actes » de violence ne décrit pas l’atmosphère de terreur qui baigne souvent les rapports abusifs. Par exemple, au Canada, en 1993, l’enquête nationale sur la violence a révélé que le tiers des femmes qui avaient été physiquement maltraitées par un partenaire déclaraient avoir craint pour leur vie à un certain moment de leurs relations (378). Souvent, les femmes déclarent que les mauvais traitements et la dégradation psychologique sont encore plus difficiles à supporter que les sévices physiques (57, 58, 96).


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