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Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.
Septembre 1998 |
La prochaine crise de l'eau L'eau douce apparaît comme l'un des problèmes les plus critiques qui se posent à l'humanité en matière de ressources naturelles (62, 66, 84). A l'approche de l'an 2000, la population mondiale connaît une expansion rapide. Or, notre planète n'a pas plus d'eau maintenant qu'il y a 2.000 ans, à une époque où la population n'atteignait pas 3 % de ses effectifs actuels (132). L'eau est, à proprement parler, la source de la vie sur terre. Elle forme 70% du corps humain. On commence à ressentir la soif après avoir perdu seulement 1 % des liquides corporels et on risque la mort si ces pertes s'approchent de 10 % (73). Les êtres humains ne peuvent survivre que quelques jours sans eau douce. Or, de plus en plus souvent, on retire des rivières, des lacs et des sources souterraines un volume d'eau supérieur à la recharge possible — soumettant ainsi à «une exploitation intolérable», comme le déclare un chercheur, « ce qui était jadis une ressource renouvelable » (1). A l'heure actuelle, 31 pays — surtout en Afrique et dans le Proche-Orient — ont des difficultés d'approvisionnement en eau, voire des pénuries (65, 69). (On trouvera des définitions de ces expressions dans le glossaire). La seule croissance démographique mettra d'ici 30 ans, pense-t-on, 17 autres pays, dont la population devrait atteindre 2,1 milliards d'habitants, dans ces catégories de pays à manque d'eau. En 2025, 48 pays ayant plus de 2,8 milliards d'habitants — 35 % de l'ensemble de la population mondiale prévue pour cette date — seront touchés par des difficultés d'approvisionnement ou par un manque d'eau (voir la Chapitre 3.2) (69, 135, 181). Neuf autres pays, dont la Chine et le Pakistan, seront proches d'une situation difficile. En sus de l'impact de la croissance démographique, la demande d'eau douce a augmenté en réponse au développement industriel, à l'intensification de l'agricuture irriguée, à un mouvement massif d'urbanisation et à l'élévation des niveaux de vie. Durant notre siècle, alors que la population mondiale a triplé, les retraits d'eau ont plus que sextuplé (98). Depuis 1940, les retraits d'eau effectués dans le monde ont augmenté en moyenne de 2,5 % à 3 % par an, au regard d'une croissance démographique annuelle de 1,5 % à 2 % (38, 176). Dans les pays en développement, les retraits d'eau progressent depuis dix ans à raison de 4% à 8% par an (111). En outre, l'approvisionnement de l'humanité en eau diminue, en fait, à la suite de la pollution de plus en plus grande de l'eau douce. Dans certains pays, les lacs et les cours d'eau sont devenus des dépotoirs de toute une série de déchets, dont des eaux usées municipales non traitées ou partiellement traitées, les effluents industriels toxiques et les produits chimiques nuisibles que charient les eaux superficielles et souterraines à la suite de travaux agricoles (114). Pris d'une part entre des eaux dont le volume n'est pas infini et qui deviennent de plus en plus polluées et, de l'autre, l'augmentation rapide de la demande à la suite de l'accroissement démographique et du développement, beaucoup de pays en développement ont à faire des choix difficiles (33, 85, 114, 215). Selon la Banque mondiale, il est probable que le manque d'eau douce sera l'un des principaux facteurs qui vont limiter le développement économique durant les prochaines décennies (165,164). |