Table des matières
Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.
Septembre 1998 |
Conséquences de la surutilisation et de la pollution La surutilisation et la pollution des ressources mondiales en eau douce sont des phénomènes récents, dont on ne connaît pas les conséquences à long terme. Cependant, elles ont déjà prélevé un lourd tribut sur l'environnement, et posent de plus en plus de risques pour de nombreuses espèces (167, 174, 183). La pollution de l'eau et le manque d'hygiène sont également le prélude d'une tragédie humaine dans le domaine de la santé (126, 221) (voir Chapitre 5). De plus, le triste état des ressources en eau douce contribue à la dégradation des eaux littorales et des mers (voir encadré el recuadro Le lien côtier). En 1996, on estime que la population mondiale utilisait 54 % de toute l'eau douce accessible dans les cours d'eau, les lacs et les nappes souterraines. On prévoit que la seule croissance démographique portera ce pourcentage au-delà de 70 % en 2025 ; l'accroissement sera beaucoup plus prononcé si la consommation par personne continue d'augmenter à sa cadence actuelle (93, 145). Au fur et à mesure que l'humanité retire de plus en plus d'eau, il en reste d'autant moins pour les écosystèmes essentiels dont nous sommes également tributaires (11, 140, 145). Une proportion importante de l'eau douce qu'offre le cycle hydrologique doit être réservée à la survie des écosystèmes aquatiques naturels — marais, cours d'eau, terres humides côtières — et des millions d'espèces qu'ils abritent (32, 132). De bons écosystèmes naturels sont les régulateurs indispensables de la qualité et de la quantité de l'eau. Par exemple, les plaines humides inondées par des crues absorbent et entreposent l'eau quand les cours d'eau débordent, réduisant ainsi les dégats causés en aval. Ces services que l'environnement offre à l'humanité ont une immense valeur. Robert Costanza, directeur de l'Institut d'économie écologique de l'Université du Maryland, a estimé la valeur globale des terres humides à EU$5 mille milliards par an, en fonction de leur rôle de régulation des crues, d'épuration de l'eau, et d'habitats de la faune, en sus de la production des pêches et de l'utilisation d'espaces récréatifs, entre autres (92). La ville de New York dépense EU$1 milliard pour préserver et protéger les zones de prise d'eau de la partie nord de l'état de New York — où se trouve la source d'eau potable de la ville. Sans quoi, il lui faudrait dépenser EU$5 milliards pour construire une station d'épuration utilisant des techniques de pointe et dont l'exploitation coûterait en outre EU$300 millions par an (11, 28, 155). Dans la quasi-totalité des régions du monde, l'utilisation inconsidérée des ressources en eau porte tort à l'environnement naturel. Dans l'ensemble du monde, plus de 20 % de toutes les espèces de poissons d'eau douce sont en danger ou vulnérables, ou viennent d'être déclarées disparues (98). Comme le prouvent les exemples suivants, la surutilisation et la mauvaise utilisation des ressources en eau douce entraînent de graves conséquences pour les espèces naturelles et pour les populations humaines.
|