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TEMAS PRINCIPALES
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA Volume XXVIII, numéro 3 |
Pollution et risques pour la santéL’augmentation de la pollution pose de plus en plus de problèmes de santé publique. Dans la quasi totalité des pays, des études identifient des problèmes de santé liés à des contaminants de l’environnement (31, 129, 130, 132, 142, 145, 151, 194, 197, 203, 206, 253, 272). Ces études ne sont pas nouvelles. En 1855, John Snow avait publié les résultats de son étude novatrice des causes du choléra à Londres, dans laquelle il l’attribuait à de l’eau potable contaminée par des eaux d’égout non traitées — marquant ainsi le début de l’épidémiologie (218). Dans les pays en développement, on trouve encore aujourd’hui les vieux tueurs — tuberculose, paludisme et maladies diarrhéiques, entre autres — et désormais le VIH/SIDA. Mais il s’y ajoute, parmi les causes importantes de mort et de mauvaise santé, les cancers et les maladies chroniques causés par des produits chimiques industriels et agricoles et par d’autres polluants présents dans l’atmosphère, le sol et l’eau (193). Le plomb, le mercure, le cuivre, l’arsenic et d’autres métaux lourds utilisés dans l’industrie ont causé de nombreuses morts. Un certain nombre de pesticides et autres produits chimiques, connus sous le nom de POP (polluants organiques persistants), qu’on emploie à la fois dans l’agriculture et l’industrie, peuvent causer chez les humains des cancers et diverses anomalies génétiques.
Pollution de l’airOn estime que la pollution de l’air tue entre 2,7 et 3,0 millions d’êtres par an — soit environ 6 % de toutes les morts annuelles (171, 227, 261). Environ 9 morts sur 10 imputables à la pollution de l’air ont lieu dans les pays en développement, où vit approximativement 80 % de la population mondiale (227)(voir tableau 1). Environ 2,5 milliards d’habitants, presque tous vivant dans des pays en développement, vivent avec des niveaux élevés de pollution de l’air dans des espaces intérieurs (200). Cette pollution est due à la combustion de bois, de fientes animales, de résidus de récolte et de charbons pour la cuisson et le chauffage. La plupart des victimes de la pollution des espaces intérieurs sont des femmes et des filles, qui ont la charge principale de la cuisson et des soins ménagers (227). La pollution de l’air des espaces extérieurs touche plus de 1,1 milliard d’habitants, surtout dans les villes (196). L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’on pourrait empêcher environ 700.000 morts par an dans les pays en développement si on ramenait à des niveaux moins dangereux trois principaux polluants de l’atmosphère — l’oxyde de carbone, les particules en suspension et le plomb (48, 261). On a estimé en 1995 à près de 100 milliards de dollars par an le coût direct de la pollution urbaine de l’air dans les pays en développement. A elle seule, la bronchite chronique entraîne environ 40 milliards de dollars de dépenses (227). Dans les villes où il n’y a pas de mesures antipollution, des millions de gens sont mis en danger par la pollution des espaces extérieurs. Des villes à population dense et grandissante, comme Bangkok, Manille, Mexico et New Delhi, sont souvent ensevelies sous un voile de pollution provenant de camions, d’automobiles et d’émissions industrielles non réglementées. En 1995, par exemple, la concentration moyenne d’ozone à Mexico était d’environ 0,15 parties par million, soit dix fois plus que la concentration naturelle dans l’atmosphère et le double du maximum permis au Japon et aux USA (96, 157). L’ozone est un puissant polluant secondaire qui se forme quand les oxydes d’azote et les hydrocarbones organiques volatiles imbrûlés, provenant surtout des gaz d’échappement des véhicules, se combinent avec l’oxygène sous l’action du soleil. L’ozone est la principale composante de la brumée (smog). La pluie acide est un autre polluant secondaire puissant : elle se forme quand l’anhydride sulfureux et les oxydes d’azote se combinent avec la vapeur d’eau et l’oxygène en présence de lumière solaire pour former une « soupe » diluée d’acides sulfurique et nitrique. Elle peut tomber soit sous forme humide (pluie acide) soit sous forme de dépôts secs. D’autres polluants nocifs sont l’anhydride sulfureux, les particules en suspension (suie, cendre et fumée d’incendies), l’oxyde de carbone provenant des gaz d’échappement de véhicules, et le plomb, provenant surtout de véhicules qui utilisent de l’essence au plomb (262). Non seulement la pollution de l’air constitue un danger pour la santé, elle réduit aussi la production alimentaire et les récoltes de bois, parce que des niveaux élevés de pollution empêchent la photosynthèse. En Allemagne, par exemple, on perd chaque année environ 4,7 milliards de dollars de production agricole à cause de niveaux élevés de soufre, d’oxydes d’azote et d’ozone (227). |
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